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Discours de S.E. Amandin Rugira à la cérémonie officielle organisée au Grand Duché du Luxembourg pour la 25ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda

Prononcé le 25 avril 2019 au Cercle Munster à Luxembourg

  • Madame Luisella Moreschi, Consul Honoraire du Rwanda au Grand Duché du Luxembourg  

  • Monsieur Jean-Bosco Busindi, Président de la Diaspora Rwandaise de Luxembourg;   

  • Madame Félicité  Lyamukuru , Présidente d’Ibuka Mémoire & Justice ASBL 

  • Chers rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi, chers compatriotes ; 

  • Mesdames et messieurs, en vos titres et qualités ; 

  

Je commencerais mon allocution en remerciant chaleureusement notre consul honoraire du Rwanda au Grand Duché du Luxembourg, Luisella MoreschI. Madame, vous organisez cette 25ème  commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi à Luxembourg avec un soin particulier qui nous va droit au cœur.  

  

Madame Lyamukuru, chère Félicité, nous saluons le courage qu’il vous a fallu pour replonger dans les faits intimes et douloureux de votre propre histoire, afin de témoigner. Raconter votre histoire singulière, de vive voix et dans un livre est une contribution essentielle dans le récit de l’histoire du Rwanda. Pour cela, nous vous en sommes reconnaissant.  

  

Mesdames et Messieurs,  

  

Il y a un 25 ans le Rwanda vivait les 100 jours les plus ténébreux de son histoire. Un génocide était commis contre les Tutsi du Rwanda, emportant, en moyenne, sept vies par minute.  

Mais rien, dans ces massacres, ne fut spontané. Cela faisait quatre décennies qu’une idéologie génocidaire était distillée, nourrissant le projet d’exterminer la population tutsi du Rwanda.   

Entre 1959 et 1994, les tentatives pour réaliser ce funeste projet furent été nombreuses. Elles s’accompagnèrent d’une discrimination destinée à limiter leur accès au travail et à l’éducation. Tous ce processus a eu pour résultat de marginaliser les Tutsi, de les stigmatiser pour enfin déculpabiliser ceux qui tenterait de les éliminer.  

Le plan était savamment conçu et son orchestration fut particulièrement méthodique.  

Ce pan de l’histoire du Rwanda est essentiel pour comprendre la genèse du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Un quart de siècle après son exécution, le Rwanda doit transmettre cette histoire à la génération née après ces faits.  

Cette jeune génération n’a connu qu’un Rwanda en paix, prospère et dénué de toute discrimination. Elle a la responsabilité de porter à son tour l’héritage positif des 25 dernières années. Mais celle-ci sera fragilisée si elle ignore son histoire, ainsi que le coût humains qu’elle a nécessité. C’est dans ce cadre que chaque année, nous commémorons le génocide perpétré contre les Tutsi, afin de s’assurer que nos enfants ne reproduisent pas les erreurs du passé.  

  

  

Mesdames et messieurs,  

  

Le lundi 25 avril 1994 arrive après une semaine particulièrement sanglante au cours de laquelle 22.000 Tutsi furent tués à Gikongoro, dans le sud-est du Rwanda, 60.000 à Butare, dans le sud et 7.000 au stade de Kibuye, dans l’ouest du pays.  

Derrières les chiffres, se cachent autant d’itinéraires de vie, mais le le temps nous manque pour pouvoir citer ne fut-ce que les noms de chacune des victimes emportées par la barbarie des extrémistes Hutus.  

Ce matin-là, dorénavant seul face au Gouvernement Intérimaire, le FPR impose un cessez le feu. Quelques jours plus tôt, la résolution 912 du conseil de sécurité avait ordonné la diminution du contingent des casques bleus de 2500 hommes à 270.  

  

Une demande de la Belgique pour pouvoir enquêter sur l’attentat contre l’avion du Président Habyarimana fut rejetée sous prétexte qu’il fallait l’aval du Gouvernement Intérimaire, dont l’activisme quotidien pour étendre le génocide dans tous les recoins du pays n’est plus un secret pour personnes.  

  

Par devoir de mémoire et souci de transmission, nous nous devons de rappeler ces faits qui sont des forteresses face à l’avancer du négationnisme.  

  

  

Mesdames et messieurs,  

  

Le génocide a causé une déchirure dans le tissu social du pays, que nous pensions irrémédiable. C’était sans compter la résilience exemplaire des rescapés du génocide, qui sont les seuls à détenir les clés du pardon, et donc de la réconciliation. 

A leurs côtés des rescapés, nous nous devons de souligner le rôle essentiel jouer par le leadership visionnaire du Président Paul Kagame, qui a fait de l’unité du pays et de la réconciliation du peuple rwandaise la pierre angulaire de la renaissance du pays.  

  

Mesdames et messieurs,  

Le Rwanda continue à se reconstruire et à se construire, un renouveau que nous bâtissons chaque jour, pierre après pierre.  

Notre coopération avec le Luxembourg est à l’image de ce renouveau. Depuis 2009 la relation n’est plus sous l’angle de la coopération au développement mais sur celui du partenariat et de l’investissement, avec pour résultats une première mission économique au Rwanda prévu fin Juin 2019.  

  

Mesdames et messieurs, chers rescapés, chers compatriotes,  

  

Un peuple qui oublie son passé n’a pas d’avenir, disait Winston Churchill. En un quart de siècle, la Rwanda a su trouver, auprès des rescapés, de sa jeunesse et de sa population (notamment des femmes), la résilience, la force et la créativité qui lui étaient nécessaires pour se relever et affronter les défis qui s’offraient à lui.   

Mais, si nous sommes tournés vers l’avenir, nous veillons à ne pas oublier le passé douloureux qui nous a formatés. Puisse la flamme du renouveau qui emporte le Rwanda vers un avenir meilleur continuer à être un réconfort pour nos compatriotes rescapés.  

  

Je vous remercie pour votre attention.