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Discours de S.E. Amandin Rugira lors de la cérémonie officielle de la 25ème commémoration du génocide contre les Tutsi en 1994 au Rwanda 

Prononcé le 7 avril 2019 à la Stèle commémorative érigée en mémoire des victimes du génocide contre les Tutsi". Rond-point situé à l'Avenue Roger Vandendriessche 73-75, 1150 Woluwe-St-Pierre 

Madame la cheffe du protocole Françoise Gustin, représentante du Gouvernement fédérale de Belgique  

Monsieur Benoît Cerexhe, Bourgmestre de la commune Woluwé St Pierre, 

Excellences, Mesdames et messieurs les Ambassadeurs,  

Mesdames et messieurs,  

Distingués invités en vos rangs et titres respectifs,  

Chers compatriotes. 

D’emblée, je vous souhaite la bienvenue et vous remercie pour votre présence parmi nous à cette 25ème commémoration des victimes du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994.  

En ce jour, nous sommes ici rassemblés, un quart de siècle après que le Rwanda ait atteint l’horreur du génocide qui ponctuait des décennies de discriminations et de massacres contre les Tutsi.  Ce génocide, d’une efficacité sans égale, allait emporter plus d’un million de vies humaines en seulement 100 jours.  

Mes premières pensées vont vers les victimes, mais aussi vers leurs familles et leurs proches. Notre pays a été traversé dans sa chair par la plus grave et la plus brutale des abjections humaines. 

Mes pensées vont également à l’ensemble du peuple rwandais, qui sous l’impulsion du Leadership de mon pays, a réussi l’insigne exploit de trouver la sérénité et une communion pour écrire les nouveaux chapitres du grand récit national. 

J’ose affirmer devant vous que seul un rescapé ou un proche de rescapé peut comprendre l’importance que revêt une journée comme celle-ci. 

 

Mesdames et messieurs,  

Le thème de la 25ème commémoration du génocide contre les Tutsi est libellé comme suit : “MEMOIRE, UNITE, RENOUVEAU”.  

 

Nous sommes ici rassemblés en vertu d’une double mission essentielle. C’est rendre hommage à la mémoire des victimes, mais également pour lui donner vie. 

La mémoire des victimes ne pourra jamais s’éteindre, ou alors c’est le pays tout entier qui se consumera. La transmission de l’Histoire de générations en générations est une véritable obligation morale afin que ce qui s’est produit au Rwanda ne se reproduise plus jamais sur cette terre.  

Chaque Rwandais doit connaître l’Histoire nationale, sans quoi il encourt le risque de ne jamais comprendre qui il est et ce qu’il ne doit jamais faire.  

La transmission doit et devra toujours être encouragée et valorisée. Il s’agit du premier pilier de défense contre le retour de la barbarie. 

La valeur accordée à la transmission reflète à mon sens la santé d’une nation, mais c’est également un moyen décisif de lutter contre l’ignominie des négationnistes et révisionnistes. 

  

Mesdames et messieurs, Distingués invités,  

  

La Justice mondiale progresse chaque année, mais hélas, nous ne sommes pas encore parvenus à éradiquer toutes les pensées inqualifiables et les réécritures criminelles de notre destin. 

Les mentalités évoluent lentement, et je formule le vœu de voir un jour tous ces malfaisants jugés et condamnés. Mais le chemin est encore long et il requiert notre extrême vigilance. 

Le négationnisme est un délit puni par la loi. Mais dans un monde où pullulent les « fake news » et où certains essayent de semer volontairement toutes les confusions dans l’esprit des populations, il est de notre devoir de protéger la vérité, et de la répandre dans le champ le plus large. 

Les énergumènes qui se livrent à ces lâchetés entachent l’honneur des victimes, ce qu’aucun d’entre nous ne peut tolérer. 

Je vous invite toutes et tous à profiter de ce rassemblement pour écouter les témoignages. Retenez-les, et diffusez-les autour de vous lorsque l’occasion se présente car non seulement ils contiennent des leçons d’histoires mais aussi nous apprennent le mal qu’il ne faut jamais commettre.  ​

  

Mesdames et messieurs,  

Pour ceux qui ne le savent pas, mon pays, le Rwanda a subi plus de quarante années de discriminations à l’encontre des Tutsi sous diverses formes : exile forcé, massacres multiples et injustices dans l’éducation et le monde du travail etc.. Depuis le génocide commis contre la population tutsie il y a 25 ans, nous vivons et grandissons dans un climat pacifié où nos lois ne tolèrent aucune forme de discriminations.  

C’est grâce à la politique courageuse décidée par le leadership de notre pays, impliquant les victimes, les témoins, les responsables et les coupables du génocide perpétré contre les Tutsi que la force et le courage de surmonter l’insurmontable et d’ouvrir la voie vers un nouveau Rwanda sont nés et les résultats parlent d’eux-mêmes aujourd’hui.  

La repentance des uns, le pardon des autres, et la résilience de tous étaient très loin d’être acquis. Cependant, la population s’est engagée sur le chemin de la reconstruction, de la réconciliation et de l’unité, d’où le thème de cette 25ème commémoration(MEMOIRE,UNITE, RENOUVEAU). 

Aujourd’hui le miracle a eu lieu, toutefois, il nous est interdit de nous reposer sur nos acquis. J’utilise le mot miracle à dessein, car la perspective d’arriver à obtenir la réconciliation d’une nation toute entière tient du leadership exceptionnel et visionnaire incarné par S.E Paul KAGAME, Président de la République du Rwanda. Et ce prodige, a été réalisé pour nous, pour nos enfants et les générations qui suivront. Bien évidemment, nos acquis doivent être jalousement protégés. 

 

Le prix de la pérennité de cette paix, de cette nation unifiée et stable sur les plans économique et social, nous engage à ne pas nous endormir sur nos lauriers mais plutôt nous devons rester vigilants à tout instant.  

 

Mesdames, messieurs, distingués invités, Chers compatriotes 

 

Nous devons tenir cette unité à l’abri des ennemis extérieurs, mais également de nous-mêmes. La survie du peuple rwandais est à ce prix. Il est donc nécessaire de garder une mobilisation de tous les instants pour prévenir toute éventualité qui tenterait de nous faire reculer.   

25 ans après le génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda, nous rendons hommages à toutes ces femmes, ces enfants et ces hommes qui ont perdu la vie injustement, brutalement, sans qu’aucune chance ne leur soit laissée…. Nous rendons également hommage à toutes ces personnes qui ont péri pour avoir tenté d’en protéger et sauver d’autres…. dont les 10 casques bleus belges.  

Pour l’honneur et la mémoire de toutes ces personnes, et pour ceux de leurs proches, il est de notre devoir de faire en sorte que le “Plus jamais ça” soit une réalité.  

  

Mesdames et messieurs,  

Aujourd’hui, près de 60% de la population rwandaise n’a pas connu directement le génocide, étant né après 1994. Il est essentiel que nous, passeurs de la mémoire, alert(i)ons cette jeune génération sur la gravité de l’Histoire du pays ainsi que sur l’importance de l’unité comme valeur de paix pour tous les Rwandais. 

Ils doivent connaître l’horreur des faits commis dans notre pays. 

Ils doivent se rendre compte de l’enfer par lequel la communauté tutsie est passée. 

Ainsi, ils comprendront la responsabilité qui leur incombe dans la poursuite d’un développement harmonieux du Rwanda. 

Le fait que notre pays vient de connaître 25 ans de paix, sans tueries à caractère ethnique contrairement à ce qui s’est passé entre 1959 à 1994 constitue une fondation solide pour les futures générations qui poursuivront le chemin du développement socio-économique de notre pays.   

Cela est d’autant plus vrai car nos indicateurs politiques, sociaux et économiques renseignent des résultats favorables et encourageants. 

Désormais, le monde regarde le Rwanda avec respect, mais avec une certaine curiosité. 

 

Mesdames, messieurs, distingués invités,  

Je m’en voudrais de terminer mon discours sans rappeler que nous sommes rassemblés dans le recueillement pour commémorer les nôtres emportés par le génocide perpétré contre les Tutsi. C’est un moment essentiel, qui conditionne tous les autres. 

Nous devons combattre le négationnisme, le révisionnisme car ils entretiennent et transmettent l’idéologie du génocide.  

Ce combat ne pourra se faire à armes égales que le jour où une loi punissant ces idéologues verra le jour. En attendant, ils continueront leurs propagandes malsaines derrière l’étendards que constitue la liberté d’expression. Sachons faire passer ce message auprès des personnalités politiques qui siégeront dans les assemblées prochainement renouvelées.  

 

Je vous remercie pour votre attention.  

Vidéo de la cérémonie (en direct sur Periscope):  https://www.pscp.tv/w/1yoKMEvvZMoKQ

Photos: https://www.flickr.com/…/143839720…/albums/72157706443950451