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Discours de S.E. Amandin Rugira à la cérémonie organisée à Charleroi pour la 25ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda

Prononcé le 04 mai 2019 à l'hôtel de ville de Charleroi 

  • Madame Françoise Daspremont, Première Echeveine de la ville de Charleroi 

  • Madame Laurence Leclercq, Echevine en charge des Relations Internationales,  

  • Monsieur Désiré Rwamfizi, Président de la Diaspora Rwandaise de Belgique (DRB), section de Charleroi  

  • Madame Félicité Lyamukuru, Présidente d’Ibuka Mémoire et Justice ASBL ; 

  • Madame Lydie Kayijire Uwitonze; 

  • Chers rescapés du génocide perpétré contre les Tutsi, chers compatriotes ; 

  • Mesdames et messieurs, en vos titres et qualités ; 

  

Depuis plus de dix ans, la ville de Charleroi nous fait l’honneur de co-organiser cette cérémonie annuelle de commémoration des victimes du génocide perpétré en 1994 contre les Tutsi du Rwanda.  Charleroi, comme vous le savez bien, est la ville de la résistance face au Rexisme, ce qui fait qu’elle comprend mieux que personne d’autre l’importance du devoir de mémoire qui nous préoccupe.   

Mesdames Daspremont et Leclercq, au nom du peuple rwandais et, en particulier, des Rwandais vivant dans votre belle ville et en mon nom propre, je tiens à vous remercier, ainsi que vos équipes respectives, pour votre collaboration sans égal et pour votre sensibilité à notre cause.  

Sachez que rares sont les villes, tout au long du parcours que nous faisons pendant cette période de commémoration, qui peuvent se targuer d’avoir érigé un édifice rendant nommément hommage aux victimes du génocide perpétré contre les Tutsi du Rwanda en 1994.  

  

   

Mesdames et messieurs,  

  

Certains Carolos sont des enfants du Rwanda. Je me dois de saluer leur travail sans lequel l’attention et la compréhension de notre histoire par les autorités de la ville de Charleroi n’auraient pas été aussi promptes. Vous qui avez commencé à commémorer les vôtres dans vos salons pour aujourd’hui le faire dans le premier salon de votre ville, je vous félicite pour le chemin parcouru. 

Permettez-moi de rendre hommage à l’une d’entre vous, Madame Lydie Kayijire Uwitonze qui vient de nous livrer son témoignage. Ce n’est pas la première fois qu’elle le fait parce que, déjà le 7 avril 2019 elle a témoigné lors de la cérémonie officielle que nous avons organisé à Bruxelles.  

 

Madame Lydie, 

Votre témoignage et celui d’autres rescapés permettent de comprendre :  

Comment le génocide fut perpétré de manière systématique,  

Comment les Tutsi furent désignés comme cible, ainsi que toute personne qui s’opposait à la haine à leur égard. 

Comment l’arrivée du FPR a été une libération pour ceux dont la vie était menacée. 

  

Mesdames et messieurs, 

  

Commémorer, c’est le premier acte du devoir de mémoire. Pour ce faire, j’aimerais vous rappeler ce que fut la journée du mercredi 04 mai 1994 pour celles et ceux qui étaient au Rwanda.  

  

Le génocide a commencé depuis bientôt un mois, et le décompte des morts est sans appel. A cette date, on dénombre ainsi, autour de 250 000 personnes sauvagement assassinées pour le seul fait d’être né Tutsi.  

Le même nombre de personne a fui vers la Tanzanie ou le Burundi voisin, et parmi eux des responsables du génocide. 

 

Les rivières sont traversées par les corps sans vie des victimes, qui ont été jetés dans les cours d’eau à travers tout le Rwanda, et retrouvés notamment dans la rivière Akanyaru qui forme la frontière avec le Burundi, ou en encore dans le lac Victoria comme le rapporte Radio Uganda. La propagande génocidaire de la radio RTLM rappelle aux tueurs que les Tutsi doivent remonter le Nil pour retourner d’où ils viennent, qu’ils soient morts ou vifs.   

Quoiqu’il en soit, en ce mercredi 4 mai 1994, le Génocide en cours au Rwanda n’est plus un huis-clos. Plus personne ne peut prétendre que rien ne s’y passe, y compris les Nations-Unies, qui admettent par l’entremise de leur Secrétaire général, qu'il existe « un véritable génocide » au Rwanda. Ainsi,  le Haut-Commissaire des Nations-Unies aux droits de l'homme annonce, sur la Voix de l’Amérique/VOA, qu'il se rendra dans les prochains jours au Rwanda et dans la sous-région pour évaluer la situation, et voir les mesures qui peuvent être prises. 

Il est trop tard selon le Général-Major Paul Kagame qui, dans son interview à la radio “Voix de l’Amérique” (VOA) leur répond que le FPR s'oppose à toute force d'intervention de l'ONU, car elle n'a aucun sens vu la situation qui prévaut au Rwanda. Il le sait mieux que personne lui qui, avec ses troupes, s’efforcent de stopper le génocide.  

  

Mesdames et messieurs,  

A l’instar des troupes du FPR, d’autres personnes ont été des remparts d’humanité au milieu d’une barbarie abjecte.  

  

Parmi eux, figure un enfant de Charleroi, le Caporal Alain Debatty. Avec ses frères d’armes, ils ont tenté de s’opposer à cette machine génocidaire, et ils en sont morts. Nous saluons leur bravoure au même titre que d’autres rwandais qui ont mis l’humanité avant leur appartenance à un camp pseudo ethnique. 

25 ans plus tard, ces justes sont des preuves vivantes de l’entreprise génocidaire. En effet, c’est leur appartenance à l’ethnie hutu qui leur a permis de cacher celles et ceux qui étaient menacés. 

J’aimerais ici rendre hommage à toutes les personnes qui ont donné leur vie pour avoir tenté d’en sauver d’autres.  

  

Mesdames et messieurs,  

Le thème de la 25ème commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi au Rwanda en 1994 est Mémoire - Unité - Renouveau.  

En effet, bien que nous nous souvenions, le peuple rwandais a décidé de ne pas s’enfermer dans son sombre passé, mais plutôt de reconstruire un Rwanda nouveau pour le bien des générations présentes et futures. Chacun y est allé de son effort soit en pardonnant, soit reconnaissant ses crimes, toujours pour contribuer à la renaissance d’une unité un temps perdue. 

Ce travail d’unité et de réconciliation n’aurait pas pu se faire sans un Rwanda en paix qui peut se féliciter d’avoir été, durant le quart de siècle écoulé, un pays exempt de tout conflit ethnique.  

  

Cet environnement propice au développement socio-économique de notre pays et le fruit du travail colossal du leadership du pays incarné dans la personne de S.E Paul Kagame, Président de la République du Rwanda car au-delà du fait d’avoir mis fin au dernier génocide du 20ème siècle, il a réussi à donner aux rwandais les clés pour reconstruire leur nation.  

  

Mesdames et messieurs, chers rescapés, chers compatriotes,  

Permettez-moi de conclure en vous demandant de vous joindre, en pensée, aux rescapés qui, en cette période de commémoration, revivent les moments très  douloureux vécus pendant le génocide. Leur deuil est loin d’être fini. Sachons les entourer afin que la solitude ne s’ajoute pas à leur douleur.  

  

Je vous remercie pour votre attention.