13 AVRIL 1994 : Les massacres des Tutsi à travers tout le pays continuent

Le 13 avril 1994, le gouvernement criminel a continué à mettre en œuvre son plan génocidaire d’exterminer les Tutsi dans tout le pays. Dans le cadre de nous remémorer les victimes du Génocide perpétré contre les Tutsi, la Commission Nationale de Lutte contre le Génocide (CNLG) continue à rappeler l’histoire de ce Génocide, comment celui-ci a été mis en œuvre au quotidien, et ci-après comment il a été exécuté à travers le pays le 13 avril 1994.

 

1. Les massacres au Collège Saint André à Nyamirambo

 

Dans le Secteur de Nyamirambo au collège st André et à l’église Charles Lwanga, ont été tués de nombreux Tutsi pendant le Génocide perpétré contre les Tutsi en 1994, ces Tutsi étaient venus de Butamwa, Nyamirambo (Kivugiza, Mumena), Nyakabanda, Rwezamenyo, Kabusunzu, Nyarugenge (Biryogo)… Les Tutsi se sont répartis à l’église, au collège et au couvent St Joseph des frères joséphistes qui se trouve à Nyamirambo.

A l’église Charles Lwanga les Tutsi qui y ont été tués sont moins nombreux que ceux qui l’ont été au collège st André, mais ceux-ci sont encore moins nombreux que ceux qui ont été tués au st Joseph ; les Tutsi avaient appris qu’il y avait beaucoup de Tutsi réfugiés au St Joseph et qu’ils étaient bien assistés par les frères joséphistes, et ils faisaient tout leur possible pour s’y refugier, croyant qu’ils pourront y survivre. Apres avoir tué les peu nombreux Tutsi au collège st André et à l’église Charles Lwanga, les tueurs se sont donc précipités au couvent st Joseph et y ont exterminé les Tutsi qui s’y trouvaient, sans oublier qu’ils ont également tué des frères joséphistes  qui refusaient que les Tutsi soient mis à mort.

Certains parmi les survivants affirment qu’il y avait plus de 2000 réfugiés, car après le carnage les cadavres étaient très nombreux et empilés les uns sur les autres.

2. Les massacres des Tutsi à Kanyinya, Commune Nyarugenge

 

En 1994, dans le Secteur Kanyinya, de nombreux Tutsi, de la localité et d’autres du Secteur Jali, District de Gasabo, qui s’y étaient réfugiés, ont été tués. Le Conseiller Nzabamwita Joseph leur avait pourtant demandé d’appeler tous les autres pour que leur sécurité soit assurée. Le 13 avril 1994, après avoir constaté que plus aucun autre Tutsi ne viendrait, le Conseiller leur a dit qu’il allait chercher des gendarmes qui assureraient leur protection à un endroit où ils seraient rassemblés à cet effet. On leur a dit qu’ils allaient être amenés à l’endroit appelé Kana situé entre des collines et qui était censé ne pas être connu des Interahamwe. Ils y ont été amenés, et arrivés à destination il leur a été demandé d’attendre les ravitaillements qui allaient arriver. Mais le soir ce sont les Interahamwe qui arrivèrent et les tuèrent à l’arme traditionnelle durant toute la nuit. Des militaires se postèrent sur les collines aux alentours pour tirer sur quiconque essayerait de s’échapper. Les Tutsi ont tous été tués, à part 4 enfants qui ont survécu, allongés à côté de leurs parents ils étaient couverts de sang et sont passés pour morts.

3. Les massacres de Tutsi à l’église de Gishaka, en Bumbogo, Kigali

 

Dans le Secteur Bumbogo, Cellule Nkuzuzu, habitaient de nombreux Tutsi avant le Génocide. Le 7 avril 1994 au matin, le lendemain de la mort de Habyarimana, les Interahamwe se sont mis à souffler dans leurs sifflets, signal convenu pour tuer les Tutsi ; ceux-ci se rassemblèrent  sur la colline de Nkuzuzu. Ils ont résisté, utilisant des pierres, lances et arcs à fleches. Parmi les Interahamwe il y avait Nyundo, Vianney, Rubanguza, Karangwa, Gashumba, Rwiyamirira Michel, Habarurema, Emile, Ruhamanya et Rwabuhihi.

Les Tutsi ont résisté depuis le 7 avril 1994 au soir. Les Interahamwe, ayant constaté le 12 avril 1994 qu’ils risquaient d’être vaincus, ont appelé à la rescousse les militaires de Habyarimana qui, le 13 avril 1994, attaquèrent à l’arme à feu les Tutsi et les exterminèrent, ce fut pour eux la journée la plus funeste.

Les quelques survivants sont allés se réfugier à la Paroisse Gishaka, ouu le Père Michel, qui était blanc, les accueillit et les rassembla avec d’autres Tutsi qui, venant de Rutunga, Rubungo, Nduba et Jurwe en Ndera, s’étaient réfugiés à l’église.

Le prêtre leur a cherché des ravitaillements et a commencé à prier pour leurs âmes depuis la nuit du 13 avril 1994. Le lendemain, le 14 avril 1994, les Interahamwe les attaquèrent, parmi ceux-ci il y avait les policiers de la Commune Gikomero, dont Nyarwaya Michel, Brigadier de la police communale, Rubanguka Mathias, comptable de la Commune Gikomero, Rusatsi, médecin au Centre de Sante de Gishaka, le redoutable Interahamwe Sevara. Tous ont collaboré avec Rutaganira Telesphore, Bourgmestre de la Commune Gikomero et les policiers de cette commune.

4. Les massacres de Tutsi à l’église catholique de Musha, Kigali

 

Les 12-13 avril 1994, plus de 8,000 Tutsi furent tués à la Paroisse de l’église catholique de Musha. A la tête des tueurs, il y avait notamment Bisengimana Paul, Bourgmestre de la Commune Gikoro, Mukemba, chauffeur a la commune et Makombe, encadreur de la jeunesse. Les Interahamwe s’en sont d’abord pris aux femmes et filles et attenté à la pudeur de celles-ci, les ont violées, sous les yeux de leurs parents, et certaines d’entre elles ont été amenées au fond dans les carrières pour y être tuées. Les Tutsi qui s’étaient réfugiés à l’église furent ainsi exterminés.

Paul Bisengimana, bourgmestre de Gikoro depuis 1981, et père de dix enfants a plaidé coupable de génocide devant le tribunal pénal international pour le Rwanda. Il a été condamné à 15 ans de prison et il a terminé sa peine.

5. Les massacres de Tutsi  à Muhororo, Kibilira, Ngororero

 

Dans l’ancienne Commune Kibirira, il y a eu un essai du génocide avant avril 1994, surtout en 1992 après le discours du Dr Mugesera Leon à Kabaya dans un meeting du MRND; de nombreux Tutsi ont été tués, parmi eux ceux qui habitaient les Communes de Ramba et Gaseke en Ndaro. Même avant ce discours dans Kibirira il y eu des massacres de nombreux Tutsi entre le 11 et le 13 octobre 1990, massacres qui se répétèrent en janvier 1993, dans les Communes Giciye, Satinskyi, Ramba, Kanama, Kayove et Kibilira, en l’ancienne Préfecture Gisenyi.

Certains ont été jetés dans la rivière de Nyabarongo à l’endroit appelé Cyome, à Gatumba, parmi ceux qui ont été tués à l’hôpital de Muhororo, à Kibirira il y avait des malades, des médecins et d’autres employés de l’hôpital, tandis que parmi ceux qui ont été tués dans les logements des religieux il y avait des sœurs et des prêtres.

Certains parmi les Tutsi de Kibirira ont été enfermés dans les locaux du centre de formation de la population IGA de Gatumba, situé près du Secteur Gatumba; les tueurs ont voulu les y brûler vifs mais les Tutsi ont brisé les vitres d’une fenêtre et ont pu s’échapper.

Les réunions qui planifiaient les massacres avaient lieu dans les bureaux des Communes Ramba et Kibirira, dans ceux des partis politiques MRND, CDR et MDR, au bureau de l’inspecteur d’arrondissement et ailleurs aux domiciles des autorités locales, ainsi que dans le Bar Ituze situé près de l’ancienne Commune Kibirira, qui était géré par Abishuka Charles et appartenait à Rwanyagatare.

A l’église de Muhororo ont été tués des religieuses et des prêtres, même si les religieux de la communauté des sœurs de Muhororo ont d’abord résisté avant de succomber face aux armes à feu qu’a notamment amenées le Brigadier de la Commune Kibirira, Mutabaruka, alias Libenge, tandis que d’autres avaient été distribuées par Hondero, Rwanyagatare et Dusabemungu alias qui résidaient au centre de Rusumo/Gatumba. 

6.Les massacres de Tutsi à l’église catholique de Rukara, Kayonza

 

A l’église de Rukara, près de Gahini, se sont réfugiés de nombreux Tutsi, venus de localités différentes avant qu’ils ne soient tous tués. 12 d’entre eux furent tués les premiers alors qu’ils se battaient contre les Interahamwe qui voulaient s’emparer de leur cheptel bovin. Les Interahamwe se sont ensuite emparé de tous les biens des réfugiés avant de les massacrer le 13 avril 1994.

Les massacres ont ete coordonnees par Mpambara Jean, Bourgmestre de la Commune Rukara, et par les Interahamwe venus de Murambi et dirigees par Gatete Jean Baptiste.

Même si Jean Mpambara a été acquitté par le Tribunal Pénal International pour le Rwanda, les rescapés affirment qu’il était à la tête des massacres et qu’il collaborait étroitement avec le Ministre Justin Mugenzi, lui-même originaire de Gahini. Mpambara a été vu parmi les témoins de la défense de Ngenzi Octavien et Tito Barahira lors de leur procès en France, ceux-ci ont dirigé la mise en œuvre du Génocide à Kabarondo et ont été condamnés à la prison à perpétuité par le Tribunal de Paris.

 

7. Les massacres de Tutsi à Ruharambuga, Nyamasheke

 

Les Interahamwe de Rukoma dirigés par Gasarasi Wellars ont encerclé le 13 avril 1994 plus de 60 Tutsi, les rassemblèrent chez Nyirandimubenshi Astérie où ils les massacrèrent. Apres avoir fait tuer ces Tutsi, Gasarasi a réuni les Interahamwe, les a remercié pour ce qu’ils venaient d’accomplir, les autorisa à s’emparer des biens des Tutsi, et les exhorta à continuer à pourchasser tout Tutsi où qu’il se trouve.

Dans le Secteur Ruharambuga I, en Cellule Kigabiro, 41 enfants Tutsi ont été enlevés de chez leurs parents, sous prétexte de les faire fuir pour les protéger, mais d’autres ont été pris par force ; tous ont été amenés à une grande fosse creusée par des extrémistes Hutu près de la forêt Nyungwe à un endroit appelé Gasarabuye, fosse dans laquelle les enfants furent jetés vivants puis brulés vifs à l’aide d’herbes sèches qui furent déversées sur eux ; de grosses pierres furent ensuite jetées sur les enfants pour achever ceux qui respiraient encore.

8.Les massacres de Tutsi à Nyakanyinya, Mururu, Rusizi

 

Dans le Secteur Mururu, à Nyakanyinya, il y avait une école et une succursale de l’église catholique auprès de laquelle les Tutsi de la région avaient depuis 1959 l’habitude de se réfugier.

Le 13 avril 1994 les Tutsi qui s’étaient déjà réfugiés à Nyakanyinya ont été recensés par le nommé Patrice, fils de Gatukura, et ils étaient près de 800. Leur cheptel bovin avait été confisqué par le Conseiller Harerimana Jean Bosco, Sendege et d’autres Interahamwe qui les accompagnaient.

Des tueurs dont de nombreux Interahamwe qui venaient de Mururu, de Nyakanyinya et Miko, et des gendarmes qui étaient venus de Gihundwe, se sont rassemblés à l’endroit appelé Hangari, et attaquèrent les réfugiés à Nyakanyinya. Ils se sont mis à tuer ceux-ci sans pitié, utilisant grenades, armes à feu et armes traditionnelles, les refugies avaient en effet déjà été préalablement encerclés par de tres nombreux Interahamwe, et les armes qu’ils portaient avec eux avaient été saisies.

Les femmes et les enfants s’étaient réfugiés dans l’école et l’église qui s’y trouvait, les Interahamwe sont montés sur le toit, ont enlevé des tuiles et jeté du feu à l’intérieur pour que les Tutsi qui s’y cachaient sortent, pour mieux les tuer. Comme ceux-ci ne sortaient pas assez à leur goût, les tueurs envoyèrent à l’intérieur un essaim d’abeilles qui sema la panique parmi les réfugiés dont la plupart furent alors tués ; les femmes et enfants qui s’étaient réfugiés dans l’église y furent brûlés vifs. Les Interahamwe ont profané les corps de leurs victimes, ainsi les Interahamwe violaient les corps sans vie des femmes et filles Tutsi qu’ils venaient de tuer. Ainsi par exemple, après avoir tué dans les pires souffrances une enseignante du nom de Thacienne, ils ont violé celle-ci sous prétexte qu’elle aurait dans le passe refusé d’avoir des relations sexuelles avec eux.

9.Les massacres de Tutsi à Kirinda, Karongi

 

Kirinda est situé dans l’ancienne Commune Bwakira en Préfecture Kibuye, actuellement en Secteur Murambi en District de Karongi. Il y avait un hôpital et le siege national de l’église EPR. Pendant celui-ci le Bourgmestre de la Commune Bwakira était Kabasha Tharcisse. Pendant le Génocide, de nombreux Tutsi s’étaient réfugiés à l’école secondaire de Kirinda, d’autres à l’hôpital de Kirinda. On leur avait promis que leur sécurité serait assurée mais, aprees, ils furent massacrés et leurs corps jetés dans la rivière Nyabarongo.

Parmi les responsables de ces massacres il y a Nyiringabo Amani et en particulier le commerçant Semirindi Moise qui a notamment fourni des machettes et dont les véhicules ont servi pour transporter les corps jusqu’à la rivière Nyabarongo.

A Kirinda il y avait une barrière des plus redoutables appelée “Intebe y’urupfu“ ou “la chaise de la mort“, où de nombreux Tutsi furent tués.

Le déclenchement du Génocide a coïncidé avec une réunion à Kirinda des pasteurs de l’EPR au niveau national, et des pasteurs qui y participaient ont été tués avec leurs familles. Celui qui dirigeait l’EPR au niveau national, le pasteur Twagirayezu Michel, est l’un des instigateurs de ces massacres.

 

10.Les massacres des Tutsi à la Chapelle de Gitwa, Rutsiro

 

Pendant le Génocide perpétré contre les Tutsi, de nombreux Tutsi se sont réfugiés à la Chapelle catholique de Gitwa et y ont été massacrés. L’endroit s’appelait Gitwa mais a changé de nom pour s’appeler Nyamagumba, dans l’ancienne Cellule Bugina, Secteur Kibingo, Commune Mabanza, en Préfecture Kibuye. Cette chapelle était affiliée à la Paroisse catholique du Congo Nil dirigée par un prêtre français du nom de Maindron Gabriel qui a eu ses responsabilités dans la mise en œuvre du Génocide.

Gitwa était habitée par de nombreux Tutsi catholiques raison pour laquelle ils se sont réfugiés a la Chapelle de Gitwa, croyant qu’ils y seraient protégés, mais ce fut le contraire qui arrivé. Une autre raison était que la chapelle était située en hauteur, ce qui devait permettre de pouvoir apercevoir de loi les groupes de tueurs et se préparer pour résister si nécessaire.

Les Tutsi qui se sont réfugiés  la Chapelle Gitwa étaient arrivés de différentes localités dont Gitwa, Cellule Gitarama, Buhoro, Ruhingo, et Kabiraho de la Commune Mabanza mais aussi d’ailleurs‘

Dupuis le 11 avril 1994 jusqu’au 13 avril 1994, le Chapelle Gitwa a été attaquée, et au Bourgmestre de la Commune Mabanza Bagirishema Ignace qui est allé à la rencontre des réfugiés Tutsi, ceux-ci lui ont dit qu’ils se rendaient à la Chapelle Gitwa, suite à quoi Bagirishema s’est exclamé: “Ils se sont réfugiés au sommet de la colline Nyamagumba!“ en faisant allusion à une autre colline à Ruhengeri sur laquelle les Tutsi étaient régulièrement massacrés depuis 1959. L’endroit a désormais pris le nom de Nyamagumba, et même aujourd’hui certains continuent à l’appeler ainsi. Les témoins affirment que les corps de plus de 9.304 Tutsi qui y ont péris reposent au mémorial du Génocide qui y est érigé.

Le Bourgmestre Bagirishema porte une grande responsabilité dans ces massacres. Parmi d’autres qui y ont participé, il y a le Brigadier Rwamakuba Emmanuel, Hakizimana Deo qui était le secrétaire de la Commune Mabanza, Benimana Raphael, Bourgmestre de la Commune Rutsiro, Maburakindi Isidore, Bourgmestre de la Commune Kayove et d’autres.

11. Les massacres de Tutsi à l’école de Mbogo, Kinyamakara, Gikongoro

 

À la Commune Kinyamakara, à l’école de Mbogo et sur la colline de Mbogo en général, ont été rassemblés le 13 avril 1994 et ont été massacrés de nombreux Tutsi de l’ancienne Commune Kinyamakara et d’autres qui étaient venus de la ville de Gikongoro et d’autres localités. La Commune Kinyamakara était dirigée par le Bourgmestre Munyaneza Charles, et c’est lui qui est allé appeler en renfort des militaires et des gendarmes dont le Colonel Simba, lesquels tirèrent sur les réfugiés Tutsi et tuèrent ceux-ci, en collaboration avec les Interahamwe armés de machettes, gourdins, coupe-coupe et autres houes. Ce 13 avril 1994, près de 3,000 Tutsi y furent tués.

A la tête des tueurs il y avait notamment  le Brigadier de la police communale Mugemana, l’OPJ Munyakanyina, l’encadreur de la jeunesse Gasasira Alphonse, l’enseignant à l’école primaire Gasirabo Jonathan et d’autres.

12.Les massacres de Tutsi à l’endroit appelee “Escalier“, à Muhima, Nyarugenge

 

Du 13 au 14 avril 1994, des Tutsi qui habitaient Muhima en dessous de l’ancienne prison de Nyarugenge, au village Umwezi dans l’ancienne Cellule Ruhurura, des Interahamwe et des militaires y ont rassemblé des Tutsi, amenaient ceux-ci plus bas à un endroit qui a été appelé “Escadrille“ où les Tutsi étaient découpés à la machette, leurs têtes fracassées sur la route goudronnée ou tués à l’arme à feu. Un grand nombre de Tutsi furent tués à cet endroit, sur cette route avait été installée une barrière où étaient arrêtés ceux qui passaient par la route goudronnée et tués, après quoi les corps des victimes étaient empilés au bord de la route. Jusqu’aujourd’hui, ce qui fait de la peine aux familles des victimes c’est que ces corps n’ont jamais été retrouvés pour être inhumés dans la dignité.

Parmi les Interahamwe qui ont participé à ces massacres, il y a leur chef, Ndemeye Nicodeme, Gashayija Etienne, Charles Rurangirwa et d’autres.

 

Dans la Cellule de Nkomangwa, les 13 et 14 avril 1994, de très nombreux Tutsi ont été jetés dans le lac Muhazi, et les enfants en bas âge étaient conviés soi-disant à aller à l’école alors qu’en réalité ils étaient amenés au lac Muhazi.

Plus de 136 d’entre eux seraient venus du Secteur Munyiginya tandis que les autres, dont le nombre n’est pas précisé venaient de localités différentes.

 

Conclusion

Le Génocide perpétré contre les Tutsi a été planifié et exécuté par l’Etat. Le fait que depuis le 7 avril 1994 au matin, les Tutsi ont été en même temps massacrés sur toute l’étendue du pays, à partir de Kigali, et ailleurs, démontre sans le moindre doute que le Génocide avait été planifié par l’Etat rwandais.

 

Fait à Kigali, le 13/4/2020

 

Dr Bizimana Jean Damascène

Secrétaire Exécutif

Commission Nationale de lutte contre le génocide, CNLG

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