Allocution de clôture du colloque Ibuka Mémoire & Justice sous le thème « La lutte contre le négationnisme et l'urgence d'éduquer »  

 

Prononcé par l’Ambassadeur Dieudonné Sebashongore le 29/03/2021 sur Zoom 

Honorable Madame Barbara Trachte, Ministre-Présidente de la COCOF, 

 

Honorable Jean-Damascène Bizimana, Secrétaire Exécutif de la CNLG, 

Chers panellistes en vos titres respectifs, 

 

Cher rwandais et amis du Rwanda,  

 

Chers rescapés du génocide perpétré contre les Tusti en 1994 au Rwanda ,  

 

 

Merci de m’accorder un temps de parole pour m’exprimer sur ce sujet qui nous tient tous à cœur.  

 

Chers organisateurs, chers membres d’Ibuka, je voulais vous remercier pour l’organisation de ce webinaire malgré les difficultés liées à la COVID-19. Cependant sachez que vous faites un travail remarquable. 

 

Le travail de transmission de la mémoire que vous faites est indispensable pour maintenir en vie la mémoire des nôtres assassinés.  

  

Il est indispensable que le négationnisme ne prenne pas le pas sur la mémoire.  

 

Il est indispensable que l’idéologie négationniste ne trouve pas de terreau fertile chez quiconque en Belgique ou ailleurs. 

 

Il est indispensable de construire un monde meilleur pour les générations futures, de rwandais mais aussi des belges. 

 

 

Mesdames et Messieurs,  

 

Permettez-moi de saluer particulièrement les interventions et le travail des panélistes présents avec nous,  

 

Je voudrais commencer par remercier Madame la Ministre-Présidente Barbara Trachte qui nous a honoré de sa présence. Ces mots concernant le rôle de l’éducation dans ce processus de transmission de la mémoire ont été entendu avec la plus grande considération. 

 

Monsieur Jean-Damascène Bizimana, votre détermination pour cette cause date de nombreuses années. De votre thèse de doctorat en France, à votre poste à la tête de la CNLG sans oublier vos prises de position comme sénateur sont autant de références que nous comptons dans cette lutte pour la mémoire du crime de génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 au Rwanda. Votre exposé du jour a été une nouvelle démonstration de cette abnégation que nous devrions toutes et tous adoptés dans notre combat contre les différentes formes de négationnisme qui nous entoure.  

 

Monsieur Patrick de Saint-Exupery, dont le travail remarquable est à la fois  d’une simplicité dans l’approche mais qui attaque une thématique au combien complexe mais indispensable. Villages par villages, rencontre après rencontres, votre périple vous a fait revenir sur les traces de ce prétendu 2ème « génocide » et a permis une fois pour toute de discréditer cette thèse. 

 

Madame Linda Melvern, votre travail qui fait autorité dans les milieux académiques nous permet de définir les différentes formes de négationnisme. Il a ainsi permis de faire découvrir pour certains, de convaincre pour d’autre, la réalité cruelle du négationnisme. Mais aussi, votre travail sert de rempart à la propagation de l’idéologie des descendants de l’ancien régime. Si nous avons transmis la mémoire des nôtres, ils ont malheureusement aussi transmis l’idéologie de leurs pères.  

 

Madame Hélène Dumas, vous incarner une nouvelle génération dans ce travail de mémoire. Vous vous êtes démarquée dans vos travaux de recherche par votre proximité avec les nouvelles générations, par votre apport d’un regard nouveau sur la thématique du Génocide. Sachez toutefois que ce travail de longue haleine est d’une importance cruciale. 

 

Monsieur Alain Verhaagen, vous êtes une des personnes ayant combattus à nos côtés depuis le début. Bien évidemment, lorsque le génocide s’est enclenché, vous avez fait partis des ses belges sur qui nous avons pu compter. Sans vous, la compréhension du Génocide en Belgique ne serait pas la même. 

 

Monsieur Yves Monin, nous savons le rôle que vous avez joué dans le travail de mémoire. Récemment, le financement d’un documentaire intitulé « Les justes du Rwanda » de Luc Lagun-Bouchez a permis d’apporter un nouvel outil pour sensibiliser nos communautés, autant belges que rwandaises et plus particulièrement à destination des plus jeunes. Je me permets, au nom de mon Gouvernement de vous en remercier. 

 

 

Mesdames et Messieurs, 

 

Chers rescapés, 

 

Puisse cette après-midi de réflexion vous conforter et vous renforcer avant d’affronter la période de commémoration qui vous attends dans les jours, semaines et mois à venir. 

 

En guise de conclusion, je tiens à réitérer mes remerciements à l’ASBL Ibuka Mémoire et Justice, pour le travail colossal que vous menez depuis des années déjà. D’ailleurs ayant moi-même été un membre fondateur d’Ibuka, je salue le parcours déjà accompli et vous encourage pour le chemin qu’il nous reste à faire.  

Merci